juin
17

A 180kms/h, sous une pluie battante, avec une visibilité nulle pour ainsi dire, c’est fou ce que la place du mort peut avoir de réconfortant… Y avait deux idées qui tournaient en boucle dans ma tête : « grouille-toi d’arriver à bon port » et « grouille-toi d’arriver vivante ».  Fallait-il que je l’aime, cette petite conne, pour avaler ainsi le bitume, quitte à finir dans le décor…  Faut dire qu’elle avait bien manœuvré. Elle s’était démerdée pour me relancer pile poil après une litanie arrosée et je l’avais érigée en phare. J’avais promis.

Arrivée plus sauve que saine, je poussais la porte, qu’elle avait laissée entrouverte à mon intention, je longeai le couloir, je montai un étage et je me laissai guider par les pétales de roses que son romantisme invétéré avait disposé à l’arrache.

« _ Heureusement que je n’étais pas en train de me masturber ! », me lança-t-elle, comme j’entrai dans la pièce où devait avoir lieu la réception. Elle était là, assise sur un canapé sans intérêt, dans une robe achetée pour l’occasion, les lacets de ses chaussures à talons défaits.  Un an déjà ? Un an que je ne l’avais pas vue ?

Elle prépara des cocktails dans une flasque de scotch qu’elle n’avait probablement pas pris la peine de rincer. Son shaker était cassé. Fallait la voir secouer mes aïeux… Une experte dans le domaine, ma petite conne ! Tandis que nous buvions sans prendre la peine de trinquer, elle me racontait ses péripéties et pronostiquait sur les coïts à venir, en étalant une couche de fond de teint comme d’autres étalent du beurre dans un moule.  Au moment précis où le blaireau à paillettes balayait l’intérieur de son cou, depuis le menton jusqu’au décolleté, elle me fascinait. Je la retrouvais fidèle au souvenir que j’en avais, trait pour trait.

Les invités arrivaient. Il fallait la partager un peu. Pendant qu’elle paradait au milieu de ces corps sans âme, je focalisais toute mon attention sur deux petites loupiotes murales. Banales en tout autre endroit, elles incarnaient ici le libertinage le plus pur. Un savant mélange d’aristocratie et de sensualité dépravée. Je ne les quittais du regard que pour me poser sur ce point mouvant et scintillant, sous les feux complices de la lampe, dont les lacets, à présent, parfaitement noués narguaient celles et ceux qui désiraient les défaire.

juin
17

Hier, j’ai tiré une gueule de 10 kms toute la matinée, quoique je l’amputasse de quelques arpents quand, perchée sur mon siège, telle une Harpie, je fomentais un crime, les yeux rivés sur ma proie. Il faut dire que le Gratteur m’inspirait particulièrement. Je me voyais le saisir au collet et lui aplatir le museau  contre la table, d’un geste répété, ivre de mécanique, et  que toute émotion aurait enrayé. Le haussement d’une commissure et la contraction d’un muscle zygomatique me firent l’effet de deux glaçons dans le dos. Vite, je regreffais  mes arpents de gueule!  Qu’est-ce qui avait pu se passer? D’où venait cette rage en quête désespérée d’exutoire? Comment avais-je accumulé cette force que je n’arrivais pas à canaliser? Pourquoi étais-je devenue un yorkshire??

Je cherchais du côté de mes rêves car il arrive, par moment, qu’un réveil brutal cristallise l’émotion, la couleur d’une expérience onirique, et les fasse perdurer, comme une tâche flou dont on peine à se débarrasser. Je me souvenais de moi, droite comme un « i », dos à une porte, dans une petite cour. Je me souvenais de gens, autour, qui bavardaient entre eux. Après avoir épluché une orange, dont j’avais soigneusement disposé l’écorce en tas, dans l’un des deux bacs à fleurs ( vides, au demeurant), situés de part et d’autre de la porte, un grand type rachitique et vraisemblablement soucieux m’avait adressé ceci : « Vous comptez laisser vos détritus dans ce bac ? Je vous dis cela car il appartient à Monsieur X et il n’apprécierait pas beaucoup. En revanche, l’autre bac est à votre disposition ».                                                                                              J’emmerdais  Monsieur X. Mais ce qui m’avait chiffonnée, c’était le terme « détritus » dont le référant me semblait si éloigné qu’entre cet homme et moi, un gouffre invisible et non moins réel venait de se créer. Il aurait eu plus de complaisance envers les crottes de son chien, c’était évident…

Bref, ça ne pouvait pas suffire à expliquer mon état. Ce n’est que deux heures plus tard, après avoir tué le Gratteur d’au moins 10 façons différentes, qu’une sensation étrange et pourtant familière dissipa le brouillard dans lequel j’étais engluée : j’avais mes règles.

Certes la cause directe venait d’en être révélée mais je n’en avais pas encore le motif inconscient. J’étais hargneuse parce que c’est l’un des effets recensés, lors de ma période menstruelle, mais que traduisait cette acrimonie ?  C’est alors que j’entrais en réflexion. J’avais noté que, dans ces moments-là, les hommes étaient des cibles taillées sur mesure. Je m’arrêtais particulièrement sur tout ce qui m’invitait à les mépriser, à ne voir, en chacun d’eux, qu’un bipède a l’intelligence apathique, un être vivant sans mérite, une bête idiote. A cet égard, l’œil ahuri du Gratteur et son chuintement caractéristique habillaient mon impression d’une véracité transparente.  En poussant les schèmes de ma pensée, j’en arrivais à spéculer sur la sacro sainte distinction chromosomique XX/XY. La simple différenciation graphique indiquait clairement que l’homme avait quelque chose en moins. Dans la conjoncture de mes douleurs abdominales, j’en concluais que ce moins visait à l’épargner, à le préserver d’un ensemble d’expériences pénibles (comme l’enfantement) dont nous, les XX, étions le terrain tout désigné.  Voilà pourquoi ils m’insupportaient ! Et s’il m’arrivait d’adresser mes foudres à une camarade, c’était soit que le mâle faisait défaut, soit que je lui en voulais de ne pas faire preuve d’esprit d’équipe, en compatissant de tout son double X.

juin
17

OrlAn

juin
14

« _ Vise un peu la gonzesse à la table du fond. Celle à la choucroute et au décolleté scabreux.

_ Et Dieu créa l’infâme…

_ Amen. »

juin
14

Couchée à 2h du mat’, autant par souci de détente physique absolue que par envie de panorama psychique plafonné, je laissai mon regard butter contre le plâtre, sachant, par expérience, que mes yeux y tapisseraient un grand écran. Et quelques secondes plus tard, je plantai le décor. L’histoire avançait vite : l’intrigue se tenait, les dialogues s’enchaînaient parfaitement. Je ne remarquai pas que le sommeil battait en retraite sous l’assaut de mes scénarii fantasques. Et Morphée voguait de Charybde en Scylla quand, à cheval sur un oreiller, m’entartant d’un autre, je fristouillai de joie en me raffolant les papilles. Cette manigance pour ce manitou avait fini par m’éveiller tout à fait.

Debout à 8h du mat, après une nuit scandée par les effets secondaires de mon placebo (au sens littéral), je cherchais, dans un brouillard matériel, des prises auxquelles me raccrocher. Vite, la salle de bain. L’eau froide. L’eau froide est, décidément, la façon la plus naturelle et la plus efficace de plonger tout de go dans la vie, la vraie… C’est une caresse revigorante, une gifle amie, bref, le stimulant parfait, étant donné mon état.

 

Et hop, direction la médecine du travail, dans la joie et la bonne humeur. J’avais pris le parti, depuis la veille, de répondre n’importe quoi aux questions que me poserait la secrétaire.

 

 

« _ Des maladies dans la famille ?

 

_ Oui, des cardiaques, des cancéreux, des amoureux, …

 

_ Des ?

 

_ Des cardiaques, des cancéreux, des amoureux… ».

 

Elle sourit ; son assistante ne sourcilla pas.

 

« _ Vous mesurez combien ?

 

_ Je ne sais pas. Aux dernières nouvelles, 1.77m.

 

_ Ca remonte à quand ?

 

_ Au collège.

 

_ Nous allons vous mesurer. »

 

 

 

Evidemment, je savais parfaitement que je ne faisais pas 1.77m…

 

Puis elle a procédé au test de lecture.

 

Après la légende du mont Saint-michel, il y eu les lettres mélangées.

J’avais prévu le coup : en répondant n’importe quoi à la lecture, elle m’aurait invitée à me rendre, le plus rapidement possible, chez un oculiste, pour changer de lentilles. Mais en lisant parfaitement une lettre sur deux ? Là, je la laissais perplexe… Héhé ! Imaginez maintenant que d’un œil, je lise parfaitement une lettre sur deux, et que, de l’autre, je lise parfaitement celles que n’avait pas su lire le premier, là, elle était bonne pour l’asile la brave dame… Elle n’eut, cependant, aucun commentaire (commenter l’absurde a-t-il un sens ?) et me guida vers l’une des deux cabines à bestiaux pour que je m’y déshabille avant que le médecin ne vienne me chercher pour m’ausculter sommairement.

 

 

 

Après la tension, les reflexes, les inspirations profondes et les expirations poussées, alors que je m’apprêtais à regagner le box puant où, vraisemblablement, un mammouth s’était déshabillé avant moi, j’ouvrais la mauvaise porte et me retrouvais nez à dos avec un Botero vivant et en slip. J’avais pourtant considéré les deux portes et conclu que c’était bien celle de droite qui retenait en otage mes peaux sociales et mon sac à main. En réprimant un rire qui réprimait lui-même un cri, je poussai la porte, confuse et amusée.

 

Après cela, alors même que j’étais censée bosser depuis une demi-heure, je pris le parti du petit-déjeuner, d’autant que je n’avais pas dîné la veille. Eh quoi ? Vous auriez préféré que je tombe en apoplexie ? ;)

juin
12

 » _ Monsieur, deux dames se sont plaintes d’une tentative de viol.
_ Messieurs, je n’essaierais JAMAIS de violer deux dames à la fois. »

Moralité: c’est pas parce que t’es bourré que t’es pas pragmatique.

juin
12


Dans ces conditions, heureusement qu’il ne pisse pas, lui…

juin
12

Si vous vivez en zone urbaine, là où les affres de la technologie moderne suscitent en vous nombre de frustrations, voici une expérience qui devrait vous dilater l’anus.

Nous autres, les gens qui vivons dans de grandes villes, où les centres commerciaux pallient aux bals populaires, où les gares comptent plus de deux voies, où le métro existe, nous les pauvres diables qui avons souhaité quitter les vaches (folles depuis…) de nos communes enclavées pour les feux de la rampe, ces gaudrioles tentatrices, façon « télé réalité », nous ces Rastignac, nous, ces élans fougueux , sommes confrontés à des sens interdits que la norme érige depuis son porte-voix déshumanisant. Ainsi, en réaction, il nous passe, dans les restes de nos cerveaux, des lubies follasses. Que celui qui n’a jamais souhaité descendre des escalators me jette la première pierre ! L’ascendant de l’homme sur la machine, c’est à ce prix qu’il se paie parfois. Vous avez dit « ridicule » ? Vous allez être servis mes enfoirés.

Ingrédients :

_ un escalator en état de marche (la précision n’est pas inutile)

_ un coup dans le nez (femmes battues s’abstenir).

En ce samedi soir, sentez (santé aussi !!) votre taux d’alcoolémie, au fil des verres, révéler le courage,- que dis-je ?-, la témérité (sobre toute) qui vous caractérise. Une fois au faîte de toutes les audaces, alors qu’il est temps de vous rentrer, la queue entre les jambes, laissez-vous tenter par la facilité à 1.50 euros. Engouffrez-vous dans cette bouche béante, pompeuse à souhait, qui vous mènera de roue sûre, jusqu’à pas trop loin de chez vous, là où la vaisselle s’entasse, et où le frigo crie famine, bref, un enfer bien réel même bourré. Une fois devant l’escalator qui vous renverrait tout droit vers la connaissance vaseuse qui vous avait conviée à sa boom (c’est-à-dire, une fois devant le point ultime de vos divergences), inspirez profondément et, d’une traite, descendez le podium des hommes pressés, avec toute la fougue décadente dont vous êtes l’incarnation, en cet ici, à cet instant. Une fois le quai atteint, rendez-vous au distributeur des commodités futiles, introduisez une pièce (évitez de jouer les téméraires à 5cents cette fois…), et, avec le paquet de kleenex dont vous êtes désormais l’heureux propriétaire (n’hésitez pas à demander à Sarkozy des déductions d’impôts… Vous êtes à nouveau téméraire…), essuyez les preuves compromettantes de votre jouissance névrotique.

juin
12

juin
12

Aujourd’hui, je vais m’acheter un vélo. Vous n’en avez rien à foutre? Bon, je recadre: C’EST MON BLOG ET JE FAIS QU’EST-CE QUE JE VEUX D’DANS! Na! bananana bananana banana slip wouu! Porque te vas, porque te vas? C’est de l’auto-stimulation.
Houla, j’écoute une de ces betteraves! Je vous en fais un bout? Ok, ok… J’attends le refrain… Bon, ça vient pas… Allez! Tsss! Ayé: « tout le monde sait que ce que tu fais après 7h, tu peux le faire à toute heure ». Voilà. C’est pourri. Je vais mettre les Musclés tiens. La merguez party c’est autrement plus festif. Bon, c’est pas tout ça mais faut que je m’active moi. J’ai un tas de trucs à faire: me lever, aller chercher 150 euros dans ma tirelire, mettre mon gilet, ouvrir la porte, la refermer derrière moi, sortir les clefs de mon sac, chercher la bonne à introduire dans la serrure, tourner, une fois, -deux? Non, pas necessaire-, descendre les escaliers, traverser le couloir, ouvrir la porte d’entrée pour sortir, marcher… Pouah, je suis déjà crevée.
p.s: heureusement que je ne vais pas aux wc entre le moment où je prends la thune et où je sors… Remerciez-moi pour ce à quoi vous avez échappé!